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Ca saute aux yeux, pour les
initiés en tout cas
Albator, le Capitaine corsaire est
revenu ! Pourquoi figure-t-il sur la couverture de votre roman ?
J'appartiens à la première génération
d'enfants qui ont été shootés aux dessins animés
japonais avec Candy, Goldorak... et mon préféré
était Albator. J'ai revu, par hasard, la version 78 en DVD.
Cette bouffée de nostalgie m'a replongé dans l'espace.
Quand Benjamin Carré m'a montré son illustration pour
la couverture, j'ai été soufflé. Il avait représenté
le Capitaine exactement comme je me l'imaginais : un personnage sombre
et romantique qui a le regard perdu à travers la vitre de son
vaisseau spatial. Ce n'est qu'en ouvrant le rabat, qu'on s'aperçoit
qu'il observe les trois stagiaires montés à bord du
vaisseau.
En plus, la découpe circulaire de la couverture peut être
vue comme une porte, une ouverture, un passage de l'extérieur
vers l'intérieur du vaisseau. Ainsi lorsque le lecteur ouvre
le livre, il voit le capitaine assis aux commandes, avec à
ses côtés, son assistant et son cyber-rat.
"Cette bouffée
de nostalgie
m'a replongé dans l'espace"
Est-ce que vous écrivez une trilogie comme pour votre série
précédente ?
Non, c'est un diptyque.
Pourquoi écrivez-vous en plusieurs volumes ?
Depuis Harry Potter, les enfants n'ont plus peur de se mettre plusieurs
volumes sous la dent. Ensuite, autrefois, les romans étaient
publiés par épisodes dans les journaux. L'attente était
longue avant d'avoir le récit complet. Comme cette tradition
n'existe plus, écrire en plusieurs volumes permet de tenir
le lecteur en haleine.
Vous documentez-vous ? Lisez vous des revues scientifiques sur
l'univers ?
Non. Mais quand je peux mettre de la convivialité dans la création,
je le fais. Surtout que le travail d'auteur est quand même fort
solitaire. Je parle fictions avec mes copains qui eux sont scientifiques.
Je ne leur demande pas si ce que j'invente est possible mais si cela
tient la route, si c'est cohérent. Par exemple, la carte de
la galaxie - en tout début de volume - est en forme de spirale.
Je l'avais imaginée comme un grand serpent - avec un rôle
important pour le prochain tome. D'un point de vue scientifique, cette
idée défie toutes les lois de la gravité
Mais je l'ai quand même gardée.
"J'ai dû inventer
des mots
pour désigner des choses qui existent déjà"
Et pour le vocabulaire ? Vous inventez pas mal de mots
Oui paradoxalement, j'ai dû inventer des mots pour désigner
des choses qui existent déjà. Quand Vranken sort son
téléphone, je me suis demandé comment j'allais
le nommer. J'ai choisi technophone. Je reste quand même
dans des mots simples et compréhensibles puisque le livre est
destiné à des enfants à partir de 9 ans.
Vous imaginez les personnages et puis vous les plantez dans un
décor ou est-ce le contraire ?
Les deux viennent ensemble. Je n'invente pas tout à partir
de rien, évidemment. J'ai des influences assumées :
Vance, Herbert, Moorcock, Le Guin, Card
Quand je rencontre les
enfants, je leur explique qu'un auteur transforme les choses. Il est
lui-même une espèce de moulinette, un peu comme les poupées
russes. Le personnage d'Albus Dumbledore de J.K. Rowling est inspiré
de Gandalf de J.R.R. Tolkien, lui-même assez proche de Merlin
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