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Eric L'homme, un peu plus près des étoiles
par Nathalie Dresse - 29/05/2004
Eric l'homme
©Natalecta.com

Eric L'homme récidive. Cet amateur de SF et de fantasy, historien médiéviste de formation, nous avait déjà emballé avec la trilogie du Livre des Etoiles (Gallimard). Il quitte le Moyen-Age pour nous emmener en navigation interstellaire non loin de la Planète Morte dans la galaxie d'Eridan avec Les Maîtres des brisants [voir la fiche]. Etonnant voyageur, il était au Festival de Saint-Malo ! Rencontre.

Ca saute aux yeux, pour les initiés en tout cas… Albator, le Capitaine corsaire est revenu ! Pourquoi figure-t-il sur la couverture de votre roman ?
J'appartiens à la première génération d'enfants qui ont été shootés aux dessins animés japonais avec Candy, Goldorak... et mon préféré était Albator. J'ai revu, par hasard, la version 78 en DVD. Cette bouffée de nostalgie m'a replongé dans l'espace.

Quand Benjamin Carré m'a montré son illustration pour la couverture, j'ai été soufflé. Il avait représenté le Capitaine exactement comme je me l'imaginais : un personnage sombre et romantique qui a le regard perdu à travers la vitre de son vaisseau spatial. Ce n'est qu'en ouvrant le rabat, qu'on s'aperçoit qu'il observe les trois stagiaires montés à bord du vaisseau.

En plus, la découpe circulaire de la couverture peut être vue comme une porte, une ouverture, un passage de l'extérieur vers l'intérieur du vaisseau. Ainsi lorsque le lecteur ouvre le livre, il voit le capitaine assis aux commandes, avec à ses côtés, son assistant et son cyber-rat.

"Cette bouffée de nostalgie
m'a replongé dans l'espace"

Est-ce que vous écrivez une trilogie comme pour votre série précédente ?
Non, c'est un diptyque.

Pourquoi écrivez-vous en plusieurs volumes ?
Depuis Harry Potter, les enfants n'ont plus peur de se mettre plusieurs volumes sous la dent. Ensuite, autrefois, les romans étaient publiés par épisodes dans les journaux. L'attente était longue avant d'avoir le récit complet. Comme cette tradition n'existe plus, écrire en plusieurs volumes permet de tenir le lecteur en haleine.

Vous documentez-vous ? Lisez vous des revues scientifiques sur l'univers ?
Non. Mais quand je peux mettre de la convivialité dans la création, je le fais. Surtout que le travail d'auteur est quand même fort solitaire. Je parle fictions avec mes copains qui eux sont scientifiques. Je ne leur demande pas si ce que j'invente est possible mais si cela tient la route, si c'est cohérent. Par exemple, la carte de la galaxie - en tout début de volume - est en forme de spirale. Je l'avais imaginée comme un grand serpent - avec un rôle important pour le prochain tome. D'un point de vue scientifique, cette idée défie toutes les lois de la gravité… Mais je l'ai quand même gardée.

"J'ai dû inventer des mots
pour désigner des choses qui existent déjà"

Et pour le vocabulaire ? Vous inventez pas mal de mots…
Oui paradoxalement, j'ai dû inventer des mots pour désigner des choses qui existent déjà. Quand Vranken sort son téléphone, je me suis demandé comment j'allais le nommer. J'ai choisi technophone. Je reste quand même dans des mots simples et compréhensibles puisque le livre est destiné à des enfants à partir de 9 ans.

Vous imaginez les personnages et puis vous les plantez dans un décor ou est-ce le contraire ?
Les deux viennent ensemble. Je n'invente pas tout à partir de rien, évidemment. J'ai des influences assumées : Vance, Herbert, Moorcock, Le Guin, Card… Quand je rencontre les enfants, je leur explique qu'un auteur transforme les choses. Il est lui-même une espèce de moulinette, un peu comme les poupées russes. Le personnage d'Albus Dumbledore de J.K. Rowling est inspiré de Gandalf de J.R.R. Tolkien, lui-même assez proche de Merlin…

Avez-vous déjà le fil de l'histoire, et la fin surtout ?
Je mûris beaucoup mes histoires. Je viens juste de commencer la suite du récit qui paraîtra en 2005. Je donne au premier volume le temps de s'installer, de vivre un peu. Je sais ou je vais, j'ai mes principaux éléments et personnages. Mais je ne connais pas encore exactement le déroulement, comment je vais arriver à amalgamer le tout.

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