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Une chemise à fleurs
et deux nattes rousses entourent sa moue à la fois timide et
déterminée. Aurélia Grandin, 24 ans, bouillonne
d'énergie. Illustratrice et peintre, elle s'est formée
à l'école Estienne. Ses livres pour enfants sont habités
par d'étranges figures humaines et marines.
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Plutôt baroudeuse, voire
nomade, elle a une attirance folle pour les troupes de théâtre
et le jonglage, avec l'univers des Frères Kazamaroffs en point
de mire. A la recherche du public et d'elle-même, elle a planté
sa tente dans quelques coins de France comme Toulouse, Nîmes
et Paris, allant jusqu'à vivre en caravane. Elle apprend à
être clown avec Michel Dallair et en 1999, crée les décors
et joue dans un spectacle pour enfants "Le petit grand large"
avec la Compagnie ContrePour.
"La
musique ? C'est viscéral, ça me porte,
c'est une nourriture sans laquelle
je ne pourrais pas créer "
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La musique ? "C'est viscéral,
ça me porte, c'est une nourriture sans laquelle je ne pourrais
pas créer". Les Ogres de Barback - un quartet français
entre rock et bal musette - rencontré lors d'un concert, a
mis en musique la chanson de Raymond (Pêcheur de sardines,
Rue du monde), tandis qu'elle a réalisé leur pochette
de CD. Elle écrit, elle dessine, elle conçoit des affiches
ou des enseignes comme celle du restaurant "Un amour de pomme
de terre" à Douarnenez.
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| Le fil conducteur majeur de ses
projets ? "C'est les rencontres. Je travaille vite et énormément.
Heureusement parce qu'il n'est pas facile de vivre de ce métier".
Elle a ramé pour se maintenir à flots. Depuis 1995, elle
se démène et frappe aux portes des éditeurs : Albin
Michel, le Rouergue... elle devient la compagne d'Apollinaire, le temps
d'un livre de la collection " Album Dada " chez Mango (L'Apollinaire,
2000). Elle s'imprègne des mots, et vit avec eux continuellement
pour traduire l'uvre du poète en images. |
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Aujourd'hui, elle a installé
ses pénates au bord de la mer, dans un petit port de pêche
breton envahit tous les deux ans par de vieux gréements. "La
vie change", dit-elle. Avec son petit garçon, se sédentariser
était nécessaire. La Bretagne assouvit son besoin d'écumes
et d'embruns quotidien. Raymond pêcheur de sardines en
témoigne. Il aura fallu un an pour que le projet mûrisse
doucement et quatre mois pour le réaliser avec des matériaux
de récupération, de la colle, des ciseaux, des crayons
dans un mélange détonnant qui est aussi la signature de
son style. |