Natalecta.com

Espace
perso

 Connexion
 M'inscrire

 Natalecta
Espace perso
Inscrivez-vous à la
liste de diffusion
  Entrevue  

Alain Serres : le in et le off

Petite question posée entre deux piles de livres à Alain Serres dans le cadre du Salon du livre de Paris :
(question parue sur le site de lire.fr le 19 mars 2001)

Que pensez-vous de la place de la littérature de jeunesse au Salon ? Thierry Magnier parlait d'un salon off et contestait en partie le choix de l'exposition de l'espace jeunesse qui met en avant des personnages connus de la littérature tels que Bécassine, Babar... Partagez-vous son point de vue ?

C'est une question qui demande un long développement et énormément de nuances. Les petites maisons ont peu de place dans ce Salon, et la littérature de jeunesse est un peu reléguée sur les bas côtés avec une concentration des grandes maisons au centre de l'espace.

Je connais bien Thierry Magnier et je le soutiens dans sa démarche et ses revendications, même si je ne partage pas tout à fait son point de vue par rapport à l'idée d'un Salon off. Les petites maisons se battent pour exister, même s'il devrait y avoir d'autres règles du jeu par rapport au prix des stands notamment. On vend correctement, mais on rentrera difficilement dans les frais engagés pour la location. J'ai des propositions à faire et il faudrait s'y atteler dès la fin du Salon. Par exemple, pourquoi ne pas fixer le prix du stand au prorata du chiffre d'affaires des maisons d'éditions ?

Le public est au rendez-vous et vient aussi pour faire des découvertes. On pourrait imaginer d'autres règles, faire la part plus belle à l'exploration à côté des grandes signatures qui attirent le public en masse. A côté de la mise en valeur des héros connus, qui est une donnée qui existe aussi en dehors du Salon, il faudrait avoir la possibilité de mettre d'autres éléments en avant et c'est aussi de cela dont il faut rediscuter.

Un salon off aurait la saveur de la marge mais resterait dans la marge. Or en venant sur place, je veux à la fois défendre une production éditoriale originale et rencontrer le grand public. Je préconise une grande remise à plat, au-delà du salon du livre, qui constitue en fait une réelle remise en question de l'économie du livre. A ce propos, je suis confronté au problème des papetiers dont la concentration est de plus en plus flagrante et bride la liberté du consommateur en l'occurrence celle de l'éditeur par rapport aux choix qu'il peut opérer. Ce qui se passe au salon est un des aspects de la mécanique de l'édition grippée par la loi de l'argent.

 

 

 

 



Qui sommes-nous ? - Contactez-nous

Reproduction interdite. Tous droits réservés. Nathalie Dresse & Yann Raoul © 2000-2005