|

Rolande Causse et Georges Lemoine,
amis de longue date, ont collaboré ensemble à un ouvrage
Oradour la douleur paru aux éditions Syros. Ce projet,
était placé sous l'égide du Conseil Général
de la Haute-Vienne et celui de la Ville de Limoges.
Pour répondre à la
commande du Centre de la mémoire d'Oradour et de la bibliothèque
francophone multimédia de Limoges, ils se sont rendus plusieurs
fois sur les lieux pour s'informer et s'imprégner de l'atmosphère
de ce village, véritable monument historique où tout
s'est arrêté le 10 juin 1944. " Le temps s'est suspendu
dans le pire ", relate l'illustrateur. Dans l'Eglise, ont été
brulés des femmes et des enfants. Aucun n'en a réchappé
hormis une femme qui a sauté par la fenêtre et a pu témoigner
de ce drame.
Lors d'une rencontre au Salon du livre, Georges Lemoine livre quelques
émotions ressenties au contact de ce lieu et qui ont influencé
la genèse du livre.
"Ce contact avec les ruines entraîne qu'on ne parle
pas en marchant dans les rues. J'y ai fortement ressenti la présence
du blanc. J'avais projeté de placer des pages blanches et
des pages noires mais malheureusement cela n'a pas pu se concrétiser.
Des blanches pour le malheur, lié au massacre des enfants.
C'est pour cela qu'on retrouve la figure d'une communiante en robe
blanche qui se détache sur un rendu noir. Quelques images
représentent des uniformes bien que je ne les jugeais pas
nécessaire mais l'éditeur a insisté, je regrette
un peu."
"Un livre c'est toujours un honneur, une belle aventure. Ici,
c'est particulier, je me suis promené dans ce lieu, la campagne,
j'ai pris des photos et dessiné dans la nature, au bord de
l'eau. C'est un endroit, où on se tait. Je voulais renvoyer
le lecteur à des choses très simples. En me disant
que ces fleurs de coquelicot disent l'essentiel de ce qu'on n'a
pas vu mais de ce que l'on peut ressentir."
|