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Paul Cox apprécie particulièrement
les accidents, les rencontres aléatoires, les trouvailles issus
des premiers tirages d'imprimerie. Son travail pose la question de ce
qu'on peut imprimer, ce qui trompe l'il: «Un trait peut être
très beau en lui-même. C'est une chose assez rare dans les
dessins figuratifs. Actuellement, tout est assez contraint dans l'édition.
Une couleur est contenue dans une forme. Léger a fait sortir les
aplats hors des formes pour mieux montrer la couleur elle-même.
C'est à la même logique que les gribouillis présents
dans Ces nains portent quoi? obéissent. Ils répondent à
l'amour de la ligne.»
Paul Cox aime prendre les chemins de traverse, annoncer une chose et
en donner une autre. Facétie du titre pour son album Animaux
qui proclame ce qui est dedans sans l'être. Parce qu'il ne contient
ni koalas ni lions, mais des taches, des formes sans queue ni tête.
Au départ, l'artiste avait fabriqué de grands reliefs en
bois colorés, proches du travail d'Arp. Pour agencer ces belles
formes abstraites, il décide alors de leur attribuer une lettre
de l'alphabet de façon arbitraire et d'épeler des mots.
"Un
trait peut être très beau en lui-même."
L'image prime sur les mots. L'écriture, très présente
et manuscrite dans ses premiers albums de Archibald le koala, s'éclipse
dans les suivants. Devenus rares, les mots n'en sont que plus forts. Dans
son dernier livre, Cependant..., où défilent des instantanés
du monde, ce mot rythme la trame du livre: certains hommes jouent au foot
cependant que d'autres tombent malades...
Lorsqu'il songe au livre idéal, l'homme discret se dévoile:
«J'aime tout ce qui est exhaustif, démesuré, monstrueux.
Monstrueux vers un sens ou vers l'autre. A la Novalis. J'aime beaucoup
les dictionnaires. Ils sont très construits et grands mais sont
faits de petits fragments. La pensée qui s'écrit par fragments
est souvent plus convaincante que celle construite d'une traite. La formule,
la liberté du paradoxe est plus intéressante qu'une architecture
fermée.»
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