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: exposition de Carole Chaix à la librairie "Comme dans un moulin" |
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Carole
Chaix : l'amour tout simplement "enguirlandé"
par Laetitia Rusticoni
- le 01/07/2002

© Laetitia Rusticoni
pour Natalecta.com
Monsieur R. et Mademoiselle B.
de Carole Chaix paru aux Editions Frimousse, c'est une histoire d'amour
mais aussi de différence : Monsieur R aime ranger : les livres dans les
étagères, les pulls avec les pulls. Alors que Mademoiselle B aime tout
mélanger : elle avale le dessert avant l'entrée et abandonne ses chaussettes
célibataires.
Réalisés à partir de pâte à modeler et de papiers, les deux héros amoureux
se sont échappés de l'album, le temps d'une exposition à la librairie-café
du 12e arrondissement à Paris, où l'on rentre "Comme dans un moulin",
puisque c'est son nom. Dès la vitrine, cet univers multicolore et malicieux
fait de l'œil aux passants. L'occasion de découvrir les coulisses de l'artiste.
Pourquoi évoquer l'amour dans un livre pour enfants ?
Je ne voulais pas obligatoirement aborder ce sujet, je souhaitais surtout
traiter du quotidien de tout le monde, du mien et de celui des autres.
L'amour est un prétexte, c'est surtout un livre sur la différence... entre
l'ordre et le désordre, les petites choses qui caractérisent chacun de
nous. On peut être différent et s'aimer. Mon précédent livre Roméo,
était également une histoire d'amour. J'aime... l'amour, tout simplement.
Tout le monde devrait l'aimer.
De qui vous êtes-vous inspirée pour les caractères et les goûts des
personnages ? De vous ?
Complètement. Surtout dans le tempérament, pas dans le physique, ni dans
le décor des pièces. Au début, le titre reprenait les initiales de mon
mari et les miennes : c'était "Monsieur P. range tout le temps et Mademoiselle
C. ne range jamais". Je ne ressemble pas à Mademoiselle B. et mon mari
à Monsieur R. mais ce n'est pas très éloigné. Le livre se référe à toutes
sortes de couples. Le choix des initiales va dans ce sens : tout le monde
peut s'y retrouver.
"J'aime...
l'amour, tout simplement.
Tout le monde devrait l'aimer."
Avez-vous toujours du lierre et
des fleurs en plastique sous la main ?
Grosso modo, oui. D'ailleurs, ce matin, je préparais un accrochage pour
un décor de fête d'école et quelqu'un voulait se débarrasser d'un arbre
artificiel. Je l'ai "adopté". Même si je n'en ai pas besoin tout de suite,
je récupère, j'anticipe. Ou je cherche précisément le détail qui manque,
comme une petite guirlande, par exemple. Je n'ai plus trop de feuilles
en plastique en ce moment, mais il me reste beaucoup de fausses fleurs.
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Les clichés en photomaton du livre sont-ils liés à Amélie Poulain?
Quand j'ai vu le film, je me suis dit que j'aurais aimé l'avoir réalisé.
L'univers d'Amélie Poulain était déjà le mien avant le succès du film :
un univers de guirlandes, de couleurs, de simplicité, de naïveté positive.
J'en ai gardé l'idée de présenter les personnages à travers des photomatons.
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D'où vous est venu l'envie d'écrire et de dessiner pour les enfants
?
Depuis le collège, j'ai envie de travailler dans l'image. Après les Beaux-Arts,
j'ai suivi les Arts Déco dans la section "Images imprimées". J'ai touché
à différentes disciplines, ce qui correspond bien à mon côté "dix doigts".
Je n'arrive pas à me cantonner à un seul domaine. Je sculpte, je réalise
des toiles qui s'allument, des anges qui brillent dans la nuit et des
femmes nues sur des boîtes de sardines... que j'aimerais exposer un jour
dans une galerie. Depuis 7 ans, je conçois des illustrations en volume
pour la presse d'entreprise et mon grand rêve était d'élaborer un livre
pour partager mes idées et mon univers.
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"Je
remplis des carnets: je note des débuts d'histoire,
des idées, ce que je vois ou que j'entends "
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Comment est-ce que cela a commencé ?
Depuis les Arts Décos, j'allais tous les ans au Salon du Livre de Jeunesse
de Montreuil. Les premières fois, cela me déprimait : trop de concurrence
trop de bouquins. Mais beaucoup de livres en relief m'enthousiasmaient.
J'en ai acheté régulièrement afin de constituer une collection.
Je crois beaucoup aux rencontres. Au Salon, j'ai discuté avec les éditions
Frimousse à plusieurs reprises en leur montrant ce que je concevais. On
a pris rendez-vous et on a signé pour Roméo. Au début, je n'arrivais pas
à le croire ! Ensuite, j'ai été confrontée à un nombre de pages et un format
imposés par la collection. J'ai proposé un chemin de fer au trait en noir
et blanc. Il a été validé et j'ai confectionné le décor. Cinq prises de
vues ont été réalisées par un photographe professionnel pour rendre le volume
le mieux possible.
Comment vous vient l'idée d'une histoire ?
Depuis longtemps, je remplis des carnets: je note des débuts d'histoire,
des idées, ce que je vois ou que j'entends dans les musées ou lors de discussions
avec des gens, des dessins de la rue... |
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Comment la mettez-vous en images ? Dessinez-vous
un synopsis complet avant de commencer ?
Pour les deux livres, les chemins de fer ont été bouclés au trait en noir
et blanc, comme des story-board de cinéma. Tout est à plat, avec les plans
et les cadrages. Maintenant, j'arrive à anticiper la mise en scène ainsi
que l'emplacement du texte qui est souvent dans l'image. Ensuite, je réalise
les volumes et ils sont validés par l'éditeur. |
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"Quand
j'arrive dans les écoles,
je suis comme une sorte de magicienne pour eux...
C'est très émouvant."
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Avez-vous déjà rencontré vos lecteurs ?
Toute une famille est venue me voir lors du Salon de Montreuil pour la
sortie de Roméo, et quand j'ai demandé "je le dédicace pour quelqu'un
?", l'un des enfants m'a répondu : "c'est pas pour quelqu'un, c'est pour
notre chien".
Depuis Roméo, je vais aussi dans les écoles : je raconte l'histoire
en montrant les décors au fur et à mesure. Puis j'explique aux enfants
comment je travaille à partir de matières, de photos. Je leur montre comment
j'ai fabriqué Roméo en pâte à modeler et tous ensemble on confectionne
des Roméo. J'ai aussi proposé de réaliser des coloriages à partir de dessins
au trait et certains enfants ont inventé la suite de l'histoire... Quand
j'arrive dans les écoles, je suis comme une sorte de magicienne pour eux...
C'est très émouvant.
Quels sont vos auteurs et illustrateurs fétiches ?
Mon préféré est Claude Ponti parce qu'il offre une double, triple voire
quadruple lecture. Je n'adhère pas tout à fait à son aquarelle mais ses
mises en scène impliquent qu'on rentre complètement dans son image. Par
ailleurs, Cuisine de nuit et Max et les Maximonstres de Maurice Sendak
ont longtemps été mes livres de chevet.
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Des projets en cours ?
Je travaille à un livre pour Dada Album en collaboration avec Sophie Braganti
qui écrit les textes : des poèmes sur le thème de "la première fois". Je
viens aussi de terminer un costume avec une étudiante dans le cadre d'une
participation à un BTS "Métier d'art". Et puis, j'ai très envie de faire
le prochain décor de M. Ce chanteur évolue dans un univers ludique qui est
le mien, d'ailleurs sa batterie est entourée de lierre... |
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