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La féminité
en littérature de jeunesse

Les petites filles terribles : Marceline

Le dénouement des récits précédents est irréversible et débouche sur un changement d'état important de l'héroïne. L'histoire de Marceline le monstre ~>, éditée par Harlin Quist et François Ruy-Vidal, va à l'encontre de ce schéma. Marceline, six ans, vêtue d'une robe courte garnie de quelques volants, semble à première vue plus proche de Pauline que "Malika-la-souillone". Mais l'abondance de sa chevelure proche de celle du Crasse-Tignasse et son surnom de "monstre" avisent le lecteur que Marceline n'est sans doute pas comme les autres. Le récit se découpe en trois temps. Au départ, Marceline est sage, polie, habituée à dire bonjour et merci. Ensuite, on assiste à sa métamorphose. "Elle en eut soudain assez d'être bien élevée et décida de devenir un monstre" dit l'auteur. Enfin, un revirement de situation s'amorce lorsque Marceline se résout à redevenir la petite fille qu'elle était, appréciée de tous.

Marceline connaît donc dès le départ les codes de bonne conduite. Mais elle lorgne à côté et soudain, du camp des sages, fait une virée chez les terribles. Quelle libération Se laisser aller à faire des grimaces aux passants, faire peur à son petit frère ou encore dire à sa mère que sa cuisine est infecte Elle s'adonne sans aucune retenue à la transgression des bornes qu'elle respecte d'habitude. Et comme Pauline qui rit tant et plus, elle en éprouve une immense jubilation.

Marceline n'est pas punie pour ses farces et grossièretés. Maîtresse de son sort depuis le commencement jusqu'à la fin du récit, c'est elle qui prend la décision de devenir un monstre et c'est elle encore qui décide du moment où le processus prend fin. Elle retourne à son état "normal" comme s'il s'avérait impossible de maintenir plus longtemps un état de rébellion ou de subversion. Une fois le sac vidé, tout reprend place. Marceline est donc mi-ange, mi-démon dans un mouvement dialectique qui s'équilibre ponctuellement. Une nouvelle dynamique s'impose en n'étant terrible qu'à temps partiel. A l'opposé de Malika, le dénouement n'est pas définitif, Marceline peut endosser son habit de monstre et repartir pour une nouvelle tournée de bêtises, qui s'apaiseront après un moment. Libre d'exprimer son agressivité, son mécontentement sans y laisser de plumes.

Les petites filles terribles ou les soeurs de Pauline
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Les petites filles terribles : Pauline, Malika, Marceline, Léa
L'audace d'une féminité redessinée

 

 



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