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Alice à l'Opéra
par Nathalie Dresse - 16/06/2004
Alice

Beaucoup d'enfants et de mères, quelques pères aussi pour assister à cet opéra comique créé en février 2003 par François Bou : Alice au Pays des merveilles. Les sièges n'ont manifestement pas été conçus pour accueillir le jeune public, heureusement, quelques piles de coussins judicieusement ajustés surélèvent les petites têtes. Le brouhaha dans la salle cesse avec la sonnerie : " ça y est, ça va commencé ! " s'exclame un enfant. Et l'ensemble instrumental 2E2M, dévolu à la musique contemporaine, entame la représentation.

Alice apparaît en robe blanche avec des bas rayés tirés jusqu'au genoux. Vite, vite, le lapin blanc arrive avec sa terrible horloge et sa voix de baryton s'élève dans les airs. Curieuse Alice qui voudrait franchir les portes mais y renonce : " Au diable la curiosité, je préfère la gourmandise ". Et lorsqu'elle ouvre sa bouche pour ingurgiter un morceau de gâteau, la question se pose : Alice va-t-elle vraiment se métamorphoser sous nos yeux ? Oui. Le moyen est simple et efficace, l'ombre de la fillette apparaît sur le fond de la scène et la transforme en géante. Son ombre, c'est elle. Et lorsqu'elle croque l'autre face du gâteau, elle s'éloigne en courant, comme aspirée par le fond de la scène, là voilà naine. En tout cas, pas plus grande qu'une chenille ! L'illusion fonctionne. On se laisse prendre au jeu.

La petite fille de Lewis Carroll bouge beaucoup et rencontre d'étranges créatures. La souris, affublée d'un chapeau en fourrure n'arrête pas de répéter : " Y a en marre que ce soit toujours les petits qui prennent ". Et lorsqu'il faut raconter une histoire, elle poursuit avec la comptine " Une souris verte " qu'on se surprend à fredonner. Cet audacieux clin d'œil invite Alice dans le répertoire enfantin actuel, à moins que ce ne soit le contraire ? En tout cas, les jeux absurdes chers à Lewis Carroll n'ont pas été oubliés : " sans mot pas de jeu, pas de mot à mot, pas de conversation , et surtout pas de questions ! ". Et la chenille ajoute " qu'il est si bon d'avoir un mot sur le bout de la langue ".

La lumière donne le ton à la scène. Le décor résolument dépouillé laisse toute la place aux personnages joués tour à tour par les comédiens de La compagnie du Pain d'orge. Le mouvement fait partie intégrante du spectacle: une porte vient s'ajouter ici, un rideau transparent là-bas… et mêmes les homards tombent du ciel ! Y a du merveilleux, du rythme et du tempo, ça balance pas mal sur scène. L'humour est au rendez-vous. A l'heure du thé, arrive la reine de cœur, bien sûr… Et, si vous aussi apprenez " la quadrille des homards ", surtout, faites attention où vous mettez les pieds. Conseil d'Alice !

 

Musique : François Bou,
Mise en scène : Jacques Guedj.
Avec Norma Nahoun (soprno), Patricia Samuel (soprano), Pascale Costes (soprano), Anne Barbier (mezzo-soprano), Philippe Le Chevalier (baryton), Pascal Sausy (ténor), ensemble 2e2m
A partir de 7 ans.
Jeudi17/06/2004à 20h.
Place de l'Hôtel de Ville
35000 Rennes


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