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Beaucoup d'enfants et de
mères, quelques pères aussi pour assister à cet
opéra comique créé en février 2003 par
François Bou : Alice au Pays des merveilles. Les sièges
n'ont manifestement pas été conçus pour accueillir
le jeune public, heureusement, quelques piles de coussins judicieusement
ajustés surélèvent les petites têtes. Le
brouhaha dans la salle cesse avec la sonnerie : " ça y
est, ça va commencé ! " s'exclame un enfant. Et
l'ensemble instrumental 2E2M, dévolu à la musique contemporaine,
entame la représentation.
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Alice apparaît en robe
blanche avec des bas rayés tirés jusqu'au genoux. Vite,
vite, le lapin blanc arrive avec sa terrible horloge et sa voix de
baryton s'élève dans les airs. Curieuse Alice qui voudrait
franchir les portes mais y renonce : " Au diable la curiosité,
je préfère la gourmandise ". Et lorsqu'elle ouvre
sa bouche pour ingurgiter un morceau de gâteau, la question
se pose : Alice va-t-elle vraiment se métamorphoser sous nos
yeux ? Oui. Le moyen est simple et efficace, l'ombre de la fillette
apparaît sur le fond de la scène et la transforme en
géante. Son ombre, c'est elle. Et lorsqu'elle croque l'autre
face du gâteau, elle s'éloigne en courant, comme aspirée
par le fond de la scène, là voilà naine. En tout
cas, pas plus grande qu'une chenille ! L'illusion fonctionne. On se
laisse prendre au jeu.
La petite fille de Lewis Carroll bouge beaucoup et rencontre d'étranges
créatures. La souris, affublée d'un chapeau en fourrure
n'arrête pas de répéter : " Y a en marre
que ce soit toujours les petits qui prennent ". Et lorsqu'il
faut raconter une histoire, elle poursuit avec la comptine "
Une souris verte " qu'on se surprend à fredonner. Cet
audacieux clin d'il invite Alice dans le répertoire enfantin
actuel, à moins que ce ne soit le contraire ? En tout cas,
les jeux absurdes chers à Lewis Carroll n'ont pas été
oubliés : " sans mot pas de jeu, pas de mot à mot,
pas de conversation , et surtout pas de questions ! ". Et la
chenille ajoute " qu'il est si bon d'avoir un mot sur le bout
de la langue ".
La lumière donne le ton à la scène. Le décor
résolument dépouillé laisse toute la place aux
personnages joués tour à tour par les comédiens
de La compagnie du Pain d'orge. Le mouvement fait partie intégrante
du spectacle: une porte vient s'ajouter ici, un rideau transparent
là-bas
et mêmes les homards tombent du ciel ! Y
a du merveilleux, du rythme et du tempo, ça balance pas mal
sur scène. L'humour est au rendez-vous. A l'heure du thé,
arrive la reine de cur, bien sûr
Et, si vous aussi
apprenez " la quadrille des homards ", surtout, faites attention
où vous mettez les pieds. Conseil d'Alice !
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Musique : François Bou,
Mise en scène : Jacques Guedj.
Avec Norma Nahoun (soprno), Patricia Samuel (soprano), Pascale Costes
(soprano), Anne Barbier (mezzo-soprano), Philippe Le Chevalier (baryton),
Pascal Sausy (ténor), ensemble 2e2m
A partir de 7 ans.
Jeudi17/06/2004à 20h.
Place de l'Hôtel de Ville
35000 Rennes
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